Décrets ostéopathie : l’Ordre
dépose un recours
L’Académie nationale de médecine et le
Conseil national de l’Ordre des médecins prennent
acte de la publication des décrets réglementant
la pratique de l’ostéopathie en France par des
non-médecins. Les deux institutions ne trouvent pas
acceptable que le médecin qui tient de son diplôme
d’État et de son inscription au tableau de l’Ordre
le droit de pratiquer des techniques manuelles de traitement
puisse avoir une obligation supplémentaire d’autorisation
préfectorale pour exercer médicalement l’ostéopathie.
Le Conseil national de l’Ordre des médecins introduira
un recours juridique contre cette disposition.
En revanche, l’Académie nationale de médecine
et le Conseil national de l’Ordre des médecins
se félicitent qu’aient été entendues
leurs exigences concernant la formation de ces ostéopathes
et la limitation de leur pratique (manipulations exclusivement
manuelles et externes ; obligation de prescription médicale
pour les manipulations du rachis cervical et des nourrissons).
Les deux institutions refusent toutefois d’admettre
que, sous prétexte de l’appellation « ostéopathie
fonctionnelle », on puisse dispenser cette pratique
de tout recours aux examens médicaux et autres précautions
indispensables dès qu’un patient se plaint de
troubles, même « fonctionnels ». Au contraire,
plus un trouble est fonctionnel, plus il exige un acte diagnostique
difficile et lourd de conséquences, qui demande une
bonne formation médicale et une bonne expérience
de la pathologie générale.
Ils mettent en garde contre le risque lié à
une prise en charge en première intention par un ostéopathe
non-médecin, et demandent qu’une information
sur les droits et les limites d’exercice des ostéopathes
soit clairement apportée aux patients.